My green cocoon

3 métiers d’avenir sur le secteur des énergies : consommer moins et énergies renouvelables

Accompagnateur à la rénovation énergétique

Marché de la rénovation énergétique

Le marché de la rénovation est en pleine évolution et ce n’est pas prêt de s’arrêter. Dorémi dénombre 8 millions de passoires énergétiques en France, et 100% des logements français devront être basse consommation d’ici 2050. Qu’il s’agisse d’installer un mode de chauffage plus performant, ou de revoir l’isolation de son logement, le principal motif d’une rénovation est énergétique. Un mouvement très largement soutenu par le gouvernement qui a multiplié les aides en ce sens ces dernières années : isolation à 1€, et prochainement le dispositif MaPrimeRénov’ qui permet d’obtenir jusqu’à 20 000 € d’aides.

 

Malheureusement, force est de constater que les solutions proposées n’ont pas permis de mettre fin aux passoires thermiques françaises. Fort de ce constat, le gouvernement réfléchit à imposer le recours à un accompagnateur payé par l’État pour tout projet de rénovation de plus de 5000€ : MonAccompagnateurRénov.

En parallèle, d’autres réseaux privés se mettent en place. Dorémi est un réseau d’artisans à l’initiative de négaWatt qui rassemble des artisans formés par leur soin à la rénovation énergétique, quand Claude Lefrançois imagine un métier avec une vision bien plus globale, celui d’Habitologue.

Devenir accompagnateur en rénovation énergétique

L’Accompagnateur rénov’ a pour mission de se rendre au domicile des propriétaires pour effectuer ou faire réaliser un diagnostic thermique, exposer les travaux possibles, leur coût et leur impact sur la facture énergétique, les aider à monter un plan de financement, et réaliser les démarches pour obtenir les aides publiques. 

Le cadre de cette nouvelle profession est en train d’être déterminé par le gouvernement. Des professionnels seront à même d’être formés et reconnus par l’état comme tel. Nous en saurons davantage dans les mois à venir. À vrai dire, la légitimité de la création d’un métier dédié à l’accompagnement en rénovation énergétique ne fait pas l’unanimité. Les conseillers du réseau national FAIRE, les architectes et les maîtres d’œuvre y voient là un métier hybride qui vient empiéter sur une partie de leur activité. La multiplication des interlocuteurs dans un projet pourrait perdre en pertinence.

Accompagner la rénovation autrement

Après 30 ans dans l’éco-construction et l’éco-isolation, Claude Lefrançois a affiné sa vision de ce qu’il nomme une rénovation pertinente. Il réfléchit un projet de rénovation avec une vision globale, en tenant compte des ressources (en termes de matières, financières…) au regard du bénéfice réel (confort, économique…) sur les années à venir. Il explique : “Il faut que les travaux soient effectivement générateurs de plus de bénéfices que d’impacts négatifs, sinon il est peut-être préférable de ne rien faire.” Si la rénovation pertinente vise la sobriété énergétique, elle tient également compte du bien-être des occupants, de leur santé, de l’énergie grise des matériaux, et du coût des travaux.

Fort de son expérience d’une approche globale, il a développé une activité ne se limitant pas à la seule thermie, mais axé sur le confort. Celle des occupants bien sûr, mais celle des habitats aussi. Comme il aime à le rappeler : le couple « habitat/habitant ». Cette fonction nouvelle est celle d’habitologue, une sorte de médecin généraliste qui ne se cantonne pas à une approche ponctuelle mais opère par une analyse holistique débouchant sur un diagnostic prenant en compte la nature, l’état de l’habitat et les attentes des habitants. Cette activité permettant de poser un vrai diagnostic débouche sur des prescriptions. Elle relèvent forcément du cas par cas et l’aspect énergétique conventionnel ne concerne que moins de 25% des travaux qui, dans la réalité, s’avèrent souhaitables.
 
Quand on mange moins, on ne dit pas qu’on a économisé de la nourriture, on dit qu’on a réduit sa consommation. L’énergie relève de la même logique, ça ne s’économise pas, sa consommation doit en être réduite tout en permettant d’atteindre ce à quoi chacun a droit : un confort correct, ceci de façon durable, en respect de l’habitat, des habitants, de l’environnement et des générations futures.
 
La formation d’habitologue s’adresse principalement aux architectes, aux maîtres d’œuvre, aux artisans, ingénieurs… pour leur permettre de conseiller au mieux leurs clients. Elle se déroule en ligne, à raison de quelques heures par semaine durant 6 mois. La formation peut bénéficier d’un financement Pôle Emploi ou OPCO.

Designer énergétique

Concevoir l’énergie autrement

L’adage du “Consommer moins mais mieux” s’applique également au secteur de l’énergie. Les stratégies gouvernementales tentent d’avancer en ce sens, mais consomment parfois beaucoup de produits isolants, de vitrages, de revêtements… pour un impact réel sur la consommation énergétique parfois discutable. Le design énergétique se propose de changer de paradigme sur notre façon de consommer l’énergie. Il se propose d’agir sur la chaleur perçue par les occupants, a contrario des politiques énergétiques qui se basent sur le niveau de chaleur indiqué par le thermomètre. Ce que Pascal Lenormand, théoricien de la technique, appelle le “ré-humanisme” s’appuie sur les capacités humaines pour réduire les consommations d’énergie. La pratique mélange les outils techniques classiques (isolation, chauffage…) et des outils comportementaux (organisation de l’espace, utilisation d’éléments influant sur la sensation de chaud et de froid…). Si la méthode n’est pas (encore) intégrée aux politiques nationales en terme de rénovation énergétique, elle est bel et bien prise au sérieux par un grand nombre d’acteurs. Incub’, la société de Pascal Lenormand, a notamment co-créé le logiciel de calculs énergétiques OSCAR pour le Conseil National de l’Ordre des Architectes .

Se former au design énergétique

Incub’ Academy, fondée par Pascal Lenormand, propose plusieurs formations. « Découvrir le design énergétique« , une formation en distanciel de 8h, qui peut s’accompagner d’une formation expérientielle de 2 jours “Vivre l’énergie”. Cette dernière peut être prise en charge par les OPCO. Pascal Lenormand a à cœur de “faire vivre” le design énergétique pour permettre de comprendre, par le corps, la théorie. Pierrick Chevillote est initialement architecte d’intérieur, aujourd’hui il accompagne la rénovation du bâti ancien. Il a suivi la formation théorique, puis la version expérientielle de 2 jours : “Avec le design énergétique, on fait vraiment appel au ressenti thermique, on est dans le réel.” Aujourd’hui, ses clients viennent en nombre pour ses compétences en réhabilitation écologique. “Un autre point fort du design énergétique, c’est que cela permet généralement de faire moins de travaux que si l’on partait sur une rénovation énergétique conventionnelle. Autrement dit, ça coûte moins cher à notre client.”

Incub’ Academy prépare également un diplôme en design énergétique d’environ 80h à venir prochainement. La formation s’adresse aussi bien aux architectes, qu’aux personnes en bureaux d’étude, qu’aux chauffagistes et maîtres d’ouvrage, désireux de nourrir leur pratique ; qu’aux non initiés qui souhaiteraient s’installer en tant que designer énergétique indépendant.

Artisan sur le secteur des énergies renouvelables

Focus sur l’énergie solaire

Fournies par le soleil (énergie solaire), le vent (énergie éolienne), la chaleur de la terre (géothermie), les chutes d’eau (énergie hydraulique), les marées ou encore la croissance des végétaux, les énergies renouvelables n’engendrent pas ou peu de déchets ou d’émissions polluantes. Elles sont inépuisables et tendent à remplacer les énergies fossiles en voie de raréfaction (pétrole, charbon, gaz naturel…).

L’énergie photovoltaïque représentait en 2019 seulement 3,4% des énergies renouvelables en France en 2019. La commission européenne prévoit que ce chiffre passe à 20%. « En l’espace d’une heure, la Terre reçoit assez de soleil pour alimenter le monde entier en électricité pendant un an. » affirme l’entreprise Trinasolar, fabricante de panneaux solaires photovoltaïques depuis 1997.

Arnaud Picon, travaille dans le secteur de l’énergie depuis le début de ses études. Il commence par la réfrigération, mais il y a un an et demi, il crée sa propre entreprise de photovoltaïques, Picon ENR. Le spécialiste explique : « Lors de la fabrication du panneau solaire, une certaine quantité de carbone est émise dans les usines. On considère qu’au bout de deux ans, on a effacé le bilan carbone de cette production. Un panneau a une durée de vie d’au moins 20 ans et durant tout ce temps-là, il fonctionne à l’aide des rayonnements du soleil ». En revanche, il admet que le panneau photovoltaïque possède un inconvénient : « Le souci, c’est l’intermittence. La nuit, il ne produit pas d’énergie. Alors, il faut installer en parallèle un système pour stocker l’énergie. Il en existe plusieurs : les batteries ou l’eau chaude. Cela consiste à injecter le surplus d’énergie dans la résistance électrique du ballon d’eau chaude ».

L’énergie solaire est une alternative à la fois écologique et économique. « Les consommateurs se rendent comptent que le prix de l’électricité est très élevé en France. Investir maintenant, permet de ne pas subir les prochaines augmentations. L’avantage, c’est qu’il existe des panneaux qui fonctionnent sur un système en auto consommation. L’énergie non-consommée peut être revendue à EDF. » éclaire Arnaud Picon, également salarié chez Engie.

Se former au métier de poseur photovoltaïque

Devenir poseur de panneaux photovoltaïques, cela ne s’improvise pas. En effet, cela peut même s’avérer dangereux. Arnaud Picon indique : « C’est un domaine particulièrement sensible, nous travaillons avec du courant en continu. » Le panneau produit de l’électricité tant qu’il y a du soleil la journée, il est impossible d’empêcher cette production. C’est pour cela « qu’il y a des règles de sécurité à respecter. Nous sommes formés sur l’aspect technique, mais aussi sur l’aspect sécuritaire, c’est très réglementé. On ne devient pas poseur de photovoltaïques du jour au lendemain, sans rien y connaître. » souligne Arnaud Picon, il précise : « À la fin de la formation, chacun passe un examen afin de valider ses compétences ». Arnaud Picon avait déjà en sa possession une formation d’électricien. Puis il a décidé de suivre une formation spécialisée en photovoltaïque nommée Qualipv. La formation qui dure une semaine, permet aux électriciens d’avoir un niveau de formation reconnu en tant que professionnel RGE (Reconnu Garant de l’Environnement).

Partager cet article :