6 astuces pour changer de déco… sans détruire la planète

Aujourd’hui j’accueille Emmanuelle Mayer, contributrice de My Green Cocoon. Elle est journaliste et photographe, spécialisée en slow deco. Elle écrit des articles sur une décoration éthique et écologique depuis des années et raconte ses découvertes créateurs sur son compte Instagram et sa Newsletter. Aujourd’hui, elle vous partage ses conseils.

Je fais partie de ces personnes qui swippent images de déco après images de déco sur Instagram et Pinterest, qui dévorent la presse et connaissent les tendances sans les chercher. Mais je suis convaincue depuis vingt ans de la nécessité de réduire notre consommation pour préserver la planète. La « slow déco » pour moi, ce n’est pas une nouvelle esthétique, mais avant tout une éthique qui invite à s’affranchir des tendances pour aménager un intérieur qui nous ressemble, avec des meubles et des accessoires éco-responsables. Sauf que quand on est passionné, on a besoin d’exprimer sa passion… donc de faire évoluer constamment son intérieur ! Alors, comment renouveler sa déco sans détruire la planète ?

 

Le budget ne limite pas forcément les pulsions tentatrices, car les grandes surfaces de décoration sont remplies de babioles à bas prix, au bilan écologique et humain désastreux. Quant au manque de place, il n’empêche pas non plus les décoristas de craquer, puisque tout peut désormais se revendre.

 

Je vous donne donc les astuces que j’utilise pour me faire plaisir, tout en respectant (la plupart du temps) mes engagements :




1) Déplacer les meubles

Il y a quelques années, j’ai fait refaire une paire de fauteuils vintage, l’un en jaune curry, l’autre en bleu canard. Un très joli mélange… qui, ça ne vous aura pas échappé, s’est retrouvé partout : vêtements, mode, accessoires, partout du jaune et du bleu. J’ai fini par me lasser de cette association, mais pas question de racheter des fauteuils ! Alors l’année dernière, je les ai séparés. Le bleu est monté dans la chambre d’amis où il a donné un nouveau souffle à la pièce. Et dans le séjour, avec le bleu en moins, j’ai pu introduire les tons blush et terracotta et composer un nouveau décor. Je déplace aussi souvent les petites tables de la maison, qui peuvent aisément passer de table d’appoint, à table de chevet ou table de basse… Bref, comment faire du neuf avec du vieux !

2) Jouer avec les accessoires 

On nous le répète régulièrement : pour renouveler sa déco sans tout changer, miser sur les accessoires ! Et c’est vrai ! Cette année, il m’a suffit d’un nouveau tapis pour recomposer un salon que j’adore (avec le fauteuil bleu de retour !). Un tapis de grande enseigne hélas, on fait les compromis que l’on peut. Il faut quand même veiller à choisir des accessoires de qualité, et avoir un vrai coup de coeur. Car acheter une babiole pour rendre plus supportable un vieux canapé ne sert pas à grand-chose si c’est pour la remplacer par une autre babiole, puis une autre etc. Donc on évite coussin rêche ou le macramé filasse qui a fait deux fois le tour de la planète.

3) Acheter des objets de créateurs

Acheter des accessoires à des créatrices et des petites marques éthiques, c’est une toute autre démarche ! La qualité et l’esthétique n’ont rien à voir, et surtout, ce sont des objets qui ont une âme. J’avais acheté des coussins La Cerise sur le gâteau au tout début de la marque il y a une dizaine d’années et je les aime toujours autant ! Tout comme les premières céramiques que je me suis offerte il y a 20 ans. Une pièce de créateurs a un certain coût. De quoi rêver la pièce, vérifier qu’on en a bien envie, attendre son anniversaire pour se l’offrir… le contraire de l’achat pulsionnel ! 

4) Opter pour des pièces vintage locales

Pour les accessoires, pensez aussi vintage, en privilégiant les opportunités locales : vide-greniers, recycleries, Emmaüs ou vendeurs Le Bon Coin de votre territoire afin de limiter l’impact du transport et de favoriser l’économie circulaire locale. Pensez-y lorsque vous êtes tenté… Un jour où j’étais en week-end à Paris, je me suis retenue d’acheter des fioles en verre made in China dans une boutique… J’ai bien fait car j’en ai ensuite trouvé des plus jolies à la recyclerie de mon village ! Rotin, cannage, il y a de quoi craquer en brocante… même si les originaux sont souvent plus chers que les versions neuves des grandes enseignes.

5) Se servir dans la nature

La tendance urban jungle a remis les plantes vertes à l’honneur dans nos intérieurs, puis les fleurs séchées sont devenues un must en déco ! Bref le végétal a la cote et ça tombe bien, c’est gratuit et sain pourvu qu’on se serve directement dans la nature ! Branchages, graminées, plumeaux, pommes de pins, feuilles d’automne… Glanez votre déco ! C’est écologique, agréable, et cela donne une belle identité à sa décoration. 

6) Do It Yourself

Un moyen simple de renouveler sa déco sans surconsommer, c’est bien-sûr de bricoler ! Repeindre un meuble (si possible avec un reste de peinture), coudre un plaid, fabriquer un mobile, tricoter, tisser, coller, autant de créations qui décorent nos maisons de façon éthique, à condition que les fournitures soient également éthiques, et sans gaspiller (attention car parfois, on investit dans le matériel d’une nouvelle passion créative… éphémère et ensuite le matériel dort au fond d’un tiroir…)

Pour finir, n’oublions pas que la décoration, c’est un petit plaisir léger, qui ne doit en aucun cas être une source de stress ! #homepositive

MERCI EMMANUELLE pour cet article et ces photos !

6 réponses

  1. Merci Emmanuelle pour cet article qui déculpabilise les consommatrices déco que nous sommes toutes… Hélas, consommer artisanal, local ou vintage, c’est toujours consommer. Après plusieurs mois à faire la promotion des petits créateurs sur mon compte Instagram, je me rends compte de la difficulté extraordinaire que nous avons à sortir du schéma de la consommation. En quoi changer de tapis ou investir dans un nouveau coussin, même artisanal et éthique, nous rend-il plus heureux ? Réussira-t-il un jour à concevoir une maison dans laquelle on se sent bien sans avoir besoin d’acheter quoi que ce soit… ?

    1. Caroline, effectivement, sortir du schéma de la consommation est très difficile, car nous vivons dans… une société de consommation. C’est son modèle. J’entends complètement ton point de vue. J’ai été une vraie décroissante à la grande époque où ce terme était à la mode (il y a quinze ans). Je n’achetais rien, j’étais à l’affût de mon empreinte écologique. Je fréquentais beaucoup de gens comme moi, très alternatifs. Mais dès que je sortais de ce milieu, je me sentais mal. En fait, je pense que c’est compliqué de vivre en complet décalage avec la société… A moins de s’en extraire complètement, comme certains marginaux, ou d’être en lutte, comme plein de copains où je vis sur le Plateau de Millevaches. J’ai choisi une sorte de compromis, pour être en accord avec mes valeurs tout en restant dans la société. Mais pour revenir à la déco et à mon article, à part acheter aux petits créateurs, le reste n’est pas forcément de l’achat : le vintage, on ne l’achète pas forcément ! Ca peut être le miroir de grand mère, l’armoire d’une copine… Quant au DIY ou à se servir dans la nature, on n’est pas du tout dans la conso 😉 Par contre oui j’assume un besoin de renouvellement permanent de ma décoration. Car c’est une manière de m’exprimer, de composer un décor.

  2. Je lis l’article et le commentaire avec délices. Et je voudrais rajouter une dimension à la consommation. Près de chez moi il y a une ressourcerie : ils récupèrent de vieux meubles et soit les remettent au goût du jour, soit ils récupèrent le bois pour en faire de tout nouveaux objets. Cela crée de l’emploi local et de qualité. Ils font appel à de jeunes créateurs locaux pour les nouvelles créations. Et cerise sur le gâteau : c’est une entreprise de travail adapté, ils mettent de jeunes handicapés au travail. Perso, c’est un vrai geste citoyen que d’acheter chez eux (même is ça reste de la consommation j’avoue).

    1. Merci pour ton partage Christelle. Les ressourceries constituent en effet une super alternative à la conso traditionnelle avec une dimension tant écologique qu’humaine (j’en suis une grande adepte depuis des années aussi 🙂 ) J’y ai consacré un article d’ailleurs.

  3. Bonjour,
    Merci pour cet article. J’aimerais faire un parement (plaquettes de briques) sur un mur de ma maison, et je cherche une colle sans émission, ou aux émissions très limitées. Cela existe-t-il? J’ai épongé le net et j’arrive à un stade de découragement… J’aimerais vraiment éviter d’utiliser une colle hyper-polluante.
    Merci, bonne journée

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